Mes nuits se remplissent de toi et de mauvais rêves me laissent sans énergie au petit matin. Peu à peu, tu  as colonisé mes pensées et la moindre évocation de ce qui à été, chasse ce présent insipide et me plonge dans un état de tristesse infini. Je réalise seulement aujourd'hui l'ampleur des angoisses et des peurs, qui durant ces deux dernières années ont envahi ton existence. Ton corps aussi à été trahi par ces médicaments qui portaient l'espoir et devaient tuer la bête immonde qui l'habitait. Jour après jour, nous avions pourtant gardé confiance, même s'il est vrai que parfois nous avons sombré si profond dans l'abîme que la noirceur de ce que nous imaginions nous obligeait à revenir à la surface chercher la respiration salvatrice. Tu en ressortais épuisée mais débarrassée pour un temps du doute parasitant qui lui aussi te dévorait de l'intérieur...
Jusqu'à ce que...
Jusqu'à ce que, on te prive encore de l'air de la vie, de la chaleur bienfaisante aussi, et encore d'un sommeil apaisant et réparateur. Ainsi affaiblie, sans armes, tu as continué de "L"'affronter, et malgré tous "ses" assauts, tu pouvais encore saisir nos mains et communiquer ton amour.
Jusqu'à ce que...
Jusqu'à ce que, ton esprit s'égare, tes yeux se ferment, tes forces t'abandonnent et que ta main se relâche.
J'ai compris alors que je t'avais perdue, mais ce n'est que maintenant que çà devient totalement insupportable.
Ici, le jour va bientot se lever pour les vivants, il pleuvra, ou pas, les bruits de la vie vont me distraire un moment, le téléphone sonnera sans doute et je ferais semblant que tout va bien...alors que tout va mal !
J'aurais tellement besoin de toi.